Novembre 2023, par Sabine Salk 

 

En 2001, Erik Briers, docteur en chimie, alors âgé d'une cinquantaine d'années, apprend qu’il est atteint d’un cancer de la prostate. Aujourd'hui, le Docteur Briers se porte bien et est actif au sein de l'association de patients « Wij Ook », vice-président de « Europa Uomo -La voix des hommes atteints du cancer de la prostate en Europe » et membre du comité des guidelines sur le traitement du cancer de la prostate de l'Association européenne d'urologie. 

« Pourquoi je me suis engagé auprès des patients atteints d’un cancer de la prostate ? Cela tient à qui vous êtes, à ce que vous voulez faire pour les autres patients, et puis vous cherchez un moyen de le faire aussi efficacement que possible. Dans mon cas, l'urologue qui m'a soigné il y a des années m'a suggéré de rejoindre le groupe de personnes qui étaient alors en train de créer « Europa Uomo » et de voir si je pouvais aider. C'est ainsi que je suis entré en contact avec des "collègues" européens et que l’histoire commençait.", explique Erik Briers.

 

Idées fausses sur le cancer de la prostate

« Lorsque nous parlons d’idées fausses, il est important de savoir quels sont les malentendus véhiculés à propos du cancer de la prostate et dans quelle mesure ces idées fausses sont problématiques. De nombreux hommes et leurs partenaires ne savent pas ce qu'est la prostate, où elle se trouve, à quoi sert la prostate, quels problèmes peuvent survenir et quelles en sont les conséquences. Il s'agit donc plutôt d'un manque d'information. Il y a encore beaucoup de travail à faire dans ce domaine. Je ne veux pas dire par là que le sujet de la prostate doit être enseigné à l’école. Mais je pense plutôt que c'est à chacun de nous de nous informer tout au long de notre vie. Aujourd’hui, les hommes ne savent souvent ce qu’est une prostate que lorsqu’ils ont un problème de prostate. Cela pourrait être une inflammation ou un taux de PSA élevé (voir encadré ci-dessous) et alors le mot cancer peut parfois être évoqué. »

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« Il y a aussi des malentendus dans le monde médical. Les médecins savent ce qu’est la prostate, mais certains ne savent pas si un test PSA annuel est nécessaire ou non. D'autres disent qu'ils ne croient pas au test ou disent que le test fait plus de mal que de bien parce qu'il fait peur. Mais la médecine est fondée sur des preuves et non sur la foi. Et l’utilité du test PSA a été largement prouvée. Et il n’est pas exact de penser qu’un test PSA conduit à un surdiagnostic et à un surtraitement. 
Le problème est que, dans de nombreux cas, le cancer de la prostate est détecté tardivement, souvent lorsqu’il existe déjà des métastases, alors qu’il pourrait en être autrement. Mais comme c'est souvent le cas, il existe une « résistance au changement ». Si les gens pensent que les mesures du PSA ne sont pas nécessaires, ils auront du mal à raconter une autre histoire. »
Enfin, un autre malentendu encore trop présent est que le cancer de la prostate est un cancer bénin. Pourquoi les gens devraient-ils dès lors y prêter attention puisque « les vieillards meurent de toute façon » ? »

 

Recommandations européennes

« De manière générale, l'Europe dispose de peu de pouvoirs en matière de santé publique, mais les recommandations du Conseil Européen nous amènent à mettre en place en Belgique un dépistage organisé du cancer du sein, du cancer du col de l'utérus et du côlon. Les mêmes conseils sont désormais donnés pour le cancer de la prostate, le cancer du poumon et le cancer de l’estomac.

« La détection ou le dépistage précoce est de la plus haute importance. Le cancer de la prostate est la forme maligne de cancer la plus répandue chez l'homme. Et contrairement à ce que beaucoup pensent, le cancer de la prostate ne touche pas uniquement les « hommes âgés ». La moitié des cas de cancer surviennent avant l'âge de 69 ans. Et le risque est deux à trois fois plus élevé si votre père ou votre frère a présenté un tel cancer. »

 

Tabous & co

« Un autre problème est que les hommes qui souffrent d’un cancer de la prostate n’osent souvent pas en parler. Parler est difficile car il faut aussi parler d'incontinence et d'impuissance. Avec le cancer du sein, par exemple, il y a beaucoup plus d’ouverture. Et les femmes sont plus susceptibles de consulter un médecin ; pour les menstruations, la contraception, la conception, la grossesse, etc. Elles subissent également plus de dépistages que les hommes. Mais quand un homme va-t-il chez le médecin ? Lorsqu'il se cogne le genou ou lorsque sa partenaire le souhaite. C'est un cliché mais c'est vrai.
Les femmes savent généralement que la prostate est importante et encouragent parfois leur partenaire à la faire examiner parce qu'elles ont entendu ou lu quelque chose à ce sujet. Et ce alors que le cancer de la prostate est associé à des problèmes majeurs, notamment en matière de qualité de vie et de santé mentale des hommes. Mais le cancer de la prostate est tout sauf médiatique, on en parle peu et les témoignages sont plutôt rares. Cela ne me pose aucun problème en soi, mais cela explique beaucoup de choses…
« Mon message à retenir pour les hommes ? Un homme sur sept sera tôt ou tard confronté à un cancer de la prostate, informez-vous et parlez-en à votre médecin.

Pour plus d’informations : 

Europa Uomo

https://www.europa-uomo.org/

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La prostate pour les nuls

La prostate est une glande qui fait partie des organes génitaux masculins. Située sous la vessie et devant le rectum, elle a normalement la taille et la forme d'une châtaigne. Elle se compose de tissus glandulaires entourés d'une couche fibromusculaire (une combinaison de muscles et de tissus conjonctifs). 

La prostate produit un liquide (liquide prostatique) qui, avec les spermatozoïdes produits par les testicules, forme le sperme. Le développement et le fonctionnement de la prostate sont influencés par les hormones mâles (testostérone), fabriquées dans les testicules. Ces hormones règlent la croissance de la prostate ainsi que la formation du liquide prostatique.

 

Le dosage du PSA 

PSA est l’abréviation du terme anglais prostatic specific antigen. L'antigène spécifique de prostate est une substance libérée dans le sang par la prostate. Une prise de sang permet de déterminer sa concentration qui se mesure en nanogrammes (milliardièmes de gramme) par millilitre (ng/ml). Le taux considéré comme normal est généralement inférieur à 4 ng/ml. Plusieurs facteurs peuvent conduire à une augmentation de PSA comme l’âge, une infection de la prostate ou la présence de cellules cancéreuses. 

Source : https://www.e-cancer.fr

 

Movember! 

Movember est un organisme de bienfaisance engagé à transformer la santé des hommes : cancer de la prostate, cancer des testicules, problèmes de santé mentale et prévention du suicide, nous nous attaquons à tout.

Depuis 2003, Movember a financé plus de 1 250 projets sur la santé des hommes dans le monde, remettant en question le statu quo et changeant la manière dont la recherche sur les problèmes de santé des hommes est menée et dont les services de santé s'adressent aux hommes. Nous voulons à l’horizon 2030 voir diminuer de 25% le nombre d’hommes qui décèdent trop tôt.

https://be.movember.com

 

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